Le Jeu du Roi/Reine | Retour sur l’événement Nouveaux Pouvoirs, Nouveaux Leaders
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Retour sur l’événement Nouveaux Pouvoirs, Nouveaux Leaders

Retour sur l’événement Nouveaux Pouvoirs, Nouveaux Leaders

Posted by Dominique Vincent in Non classé 20 Apr 2017

Nous voici deux semaines après l’événement Nouveaux Pouvoirs, Nouveaux Leaders. L’envie m’est venue de partager avec ceux qui étaient là, et aussi avec ceux qui n’étaient pas là et auraient peut-être désiré participer, la richesse de ma récolte.

Voici, en désordre, les thèmes qui m’ont le plus touché dans le dédale des interventions des uns et des autres. Je les reformule à ma façon. Que ceux qui se reconnaissent dans ces phrases me pardonnent pour mes inexactitudes et réinterprétations sans copyright… Au-delà et grâce aux contributions individuelles, je voudrais rendre compte à ma manière de l’intelligence collective et de la bienveillance partagée au cours de notre rencontre. Cela n’a rien d’exhaustif et ne tient pas compte de toutes les contributions. Je n’ai pu être partout en même temps !

 

  • Accepter, valoriser nos différences, et cultiver la diversité tout en reconnaissant que nous sommes tous uns. Nous partageons la même nature d’être humain, nous venons tous de la même Source. Comment intégrer tout le monde, en particulier ceux qui ne partagent pas les mêmes opinions que nous, voire qui sont nos farouches ennemis. Une des voies proposées, c’est de commencer par l’intégration de toutes les parties de soi-même, à commencer par les mal-aimées.

 

  • L’importance des médias indépendants pour réguler l’exercice du pouvoir et prévenir la tyrannie. L’information n’est pas un bien de consommation mais un droit et un devoir. Percer la vérité malgré la propagande au service de la puissance des grands groupes et des états.

 

  • Comment aider de nouveaux leaders à émerger et à se former ? Comment permettre l’émancipation de ceux qui sont conditionnés à la soumission. Il se pourrait bien que nous le soyons tous à des degrés divers. Devenir des insoumis qui encourageons les autres à se libérer.

 

  • Retrouver du sens pour notre propre vie, pour notre travail, notre entreprise, notre engagement politique. Dépasser les attentes que les autres font peser sur nous pour devenir pleinement soi-même. Est-ce que nous pouvons identifier nos limitations à être soi ?

 

  • Réintégrer la place du féminin, en particulier en redécouvrant et en développant nos liens, notre place dans la nature. Retrouver la présence à son corps, à la nature en soi et autour de soi.

 

  • Le rôle de l’imagination collective. Un shaman d’Amérique du sud a dit : Vous les blancs, si vous voulez sauver le monde des désastres que vous créez, écoutez les rêves de vos enfants. Mettre en commun tous nos rêves ! S’écouter mutuellement !

 

  • Reconnaître notre propre splendeur. Pas pour éblouir les autres ! La splendeur d’être ce que nous sommes, tout simplement. Ce n’est pas en nous faisant tout petit que nous nous aidons tous et chacun à grandir et à trouver la force de transformer le monde.

 

  • Oser l’authenticité et la vulnérabilité. C’est une condition essentielle pour devenir des acteurs pour un changement vraiment humain. Développer notre empathie pour toutes les formes de vie. Nous pouvons découvrir l’intime instantanément avec quelqu’un qui nous est parfaitement inconnu en nous regardant dans les yeux et en échangeant quelques mots de bienveillance et d’appréciation. Nous avons besoin de nous nourrir mutuellement, bienveillance profonde, appréciation, gratitude… Un aspect énorme qui a été souvent mentionné, la place de la maladie ou de l’accident qui remettent toute notre vie en cause, toujours douloureusement et parfois très violemment. Apprendre à considérer le burnout comme un excès d’engagement sur une non-écoute et une méconnaissance de soi.

 

  • Faire la différence entre les tensions et excitations qui souvent mènent nos actions, et la présence attentive qui nous permet d’agir dans la sérénité et la gratitude.

 

  • Réapprendre à jouer de nos deux cerveaux, l’intuitif-émotionnel et le rationnel-volontaire. Retrouver la place de l’artiste en nous et dans les organisations, le jeu et l’humour envers soi-même.

 

  • Apprendre à gérer, digérer, intégrer, transformer le négatif en nous et dans notre environnement. Apprendre des frictions, des conflits, voire des guerres. La dynamique du changement émerge de la reconnaissance des polarités et de leur mise en relation, ce qui crée un vortex d’énergie vecteur de changement. Passer du choc frontal à l’écoute réciproque de toutes les parties. Décloisonner, créer des situations pour faire se rencontrer des personnes qui n’ont aucune occasion, aucune inclinaison, aucune chance de se rencontrer. L’émergence et la formation de nouveaux leaders sont fondées sur la reconnaissance de nos émotions, en particulier de celles qui sont stimulées et mises en évidence dans la relation et le travail ensemble. Apprendre à travailler en cercle, à prendre des décisions collectivement, à découvrir le partage du pouvoir dans des formes de moins en moins hiérarchisées, de moins en moins pyramidales et de plus en plus en réseaux, en interconnexion. Redéfinir personnellement et collectivement nos idéaux, ceux qui vont donner du sens et une direction à nos décisions, à se sentir responsable du devenir commun, de l’entreprise, du groupe… Ce sont les conditions pour libérer la créativité des uns et des autres et stimuler l’intelligence collective.

 

  • L’objectif, même en affaire, même dans les banques, ne devrait jamais être l’argent en soi. L’argent est un pouvoir d’action, un moyen, et la richesse une conséquence de nos actions justes et solidaires.

 

  • Les managers doivent apprendre à devenir essentiellement des facilitateurs et des coordinateurs plutôt que des décideurs qui portent seuls le poids de l’imagination, de l’organisation et du résultat.

 

  • Tirer les leçons des expériences collectives, parfois plus ou moins spontanées comme « Nuits debout », vers une gouvernance égalitaire. La question du tirage au sort des candidatures, de l’utilisation du numérique pour de nouvelles formes de démocratie, pour se réapproprier le pouvoir en respectant et en portant la voix des uns et des autres. Rester vivant, en mouvement, en interaction et co-créativité. Toutes ces expériences permettent une montée des compétences citoyennes des uns et des autres. Pour cela, nécessité de faire le deuil du pouvoir personnel, du sentiment infantile de toute puissance pour passer à la puissance de la mise en commun et du potentiel créatif du groupe.

 

  • Intégrer psychologie et politique, développement personnel et thérapie à la formation au leadership. Pas de démocratie participative, pas de nouvelles gouvernances sans développement personnel, sans thérapie et sans ouverture spirituelle, méditation et autres… Il nous faut visiter notre puissance entre sentiments de toute-puissance et d’impuissance. Pour cela, il nous faut revisiter les blessures de notre histoire, les traumas personnels comme ceux de notre milieu, de l’histoire de notre pays, les génocides, les guerres où nous et notre famille avons été impliqués. Si nous avons été méprisés et maltraités dans notre enfance, nous avons à comprendre, à intégrer, à transformer la peur, le figement, l’insensibilité et la compulsion à répéter la violence reçue. Importance des thérapies individuelles mais aussi des thérapies de groupe. Place à la méditation, la communication non violente, et l’intelligence collective.

 

  • Penser, ressentir, agir. Le maillon manquant de cette trilogie est souvent le ressentir. Réfléchir et agir ne suffisent pas, l’émotion doit continuellement être présente. Se focaliser sur la tâche ou sur la relation et ses aléas émotionnels ? Nécessité de comprendre et d’accepter l’intrication des deux. Reconnaître ce que nous ne savons pas faire et reconnaître combien nous avons besoin des autres pour apprendre à le faire et pour le réaliser.

 

 

  • Transformation personnelle, collective et sociale. Pour qu’une véritable transformation d’une société soit possible, il faut mettre en œuvre la transformation dans des groupes plus limités où tout le monde se connaît, où il y a de la place pour l’intime et la vulnérabilité. La transformation sociale est alors la conséquence de l’effort de transformation individuelle et de la transformation des groupes dans lesquels se déroulent concrètement nos vie : famille, profession, amis…

 

  • Servir ou se servir. Voulons-nous devenir les maîtres et les profiteurs du monde ou les serviteurs du bien commun. Le mot ministre signifie serviteur. Le premier ministre est donc désigné comme le premier serviteur du pays. D’où la nécessité de passer par la cooptation pour les postes de pouvoir et d’éviter comme une calamité ceux qui veulent prendre le pouvoir pour des motifs narcissiques inconscients ou de profit personnel. Les dirigeants peuvent être situés sur une échelle de niveaux de conscience en regard de leur capacité de gérer la complexité, de l’ampleur de leur vision, de leur niveau d’empathie envers chacune des personnes qu’ils impactent par leurs actions et décisions, et aussi, dans une perspective plus large, pour l’ensemble de l’humanité, de la planète.

 

  • La nature du pouvoir est liée à la nature de l’amour. L’amour du pouvoir ou le pouvoir de l’amour ? S’élever en politique devrait être corrélé à élever son niveau, sa qualité, sa puissance d’amour. Ce devrait être corrélé à la reconnaissance de sa fragilité et de celle de tout être humain. La psychologie d’un pilote de chasse qui devient astronaute se transforme de tout au tout. De l’agressivité et de la recherche de performance, il passe à l’émerveillement et au sentiment de vulnérabilité. Seul celui qui est en recherche de sens, qui est capable d’émerveillement et qui ressent amour et compassion, devrait être choisi pour exercer un  poste de pouvoir.

 

  • Nécessité du recul et de la prise de distance. Le rapport au temps, des temps pour se poser, pour respirer, pour vivre sa vie familiale et amoureuse, pour la méditation, voire pour la prière. Passer de la tension à l’attention. On ne peut bien vivre que quand on n’accepte de ne pas tout vivre.

 

Pour finir, une belle remarque : Toutes les valeurs et toutes les démarches personnelles et collectives évoquées et proposées, conscience, empathie, sens du service, appartenance à une Source unique de vie, en même temps que richesse et splendeur de nos individualités et de nos spécificités, générosité, gratitude, tout cela nous place dans le grand courant des traditions spirituelles, dans leur essence la plus profonde. Une spiritualité laïque ouverte, sans rattachement à une religion particulière.

 

Perspectives pour aujourd’hui et pour demain

C’est extraordinaire pour moi de constater qu’il est possible de rassembler de nombreux acteurs importants de la politique, des médias, de l’entreprise, autour du thème de la transformation intérieure comme fondement de la transformation collective et sociale. Cela dans un événement riche et chaleureux qui est lui-même une occasion de cette transformation par les rencontres, les échanges d’idées, les expériences de méditation et le partage de nouveaux outils de formation et de transformation. C’était mon rêve depuis longtemps et la réalité a dépassé mon rêve.

 

Pour aller plus loin, je me questionne sur les points suivants :

  • Comment encore agrandir l’audience, toucher encore plus de monde, ouvrir le cercle des intervenants et des participants, multiplier la diversité des expériences ? Il y a urgence en la demeure ! La justesse de ce que nous avons expérimentée pourrait-elle se vivre avec 3000 participants ou est-il préférable de reproduire ce format d’événement dans différentes villes.

 

  • Il me semble que notre événement n’était pas très coloré et ne rendait pas vraiment compte de la diversité ethnique et culturelle de notre pays, de notre monde.

 

  • La place des femmes sinon du féminin ??? Même au cours de notre événement ?…

 

  • Que dire de l’ouverture sur le monde « at large » ? Je ressens le besoin de davantage de visions croisées provenant de divers pays et situations à travers le monde, sans toutefois s’impliquer directement dans des controverses politiques, mais toujours dans la direction : transformation individuelle, collective et sociale. Quel est l’impact de nos choix et décisions prises sur le plan local dans les autres pays, à des endroits très éloignés ? Impact humain, social, écologique, économique ? Dans quelques jours commencera en Grèce un événement international sur des thèmes similaires aux nôtres : April 23 – 28, 2017: Worldwork Greece. DEEP DEMOCRACY IN A CHANGING WORLD OF DIVIDES. SHIFTING CONSCIOUSNESS IN POLITICS, ECONOMY, ECOLOGY, AND RELATIONSHIPS.
  • La représentation dans un tel événement de personnes provenant d’autres catégories de l’exercice du pouvoir et qui se posent la question de la transformation intérieure : l’armée, la justice, la diplomatie internationale, la grande finance, la recherche, la santé, la religion… De nouveaux leaders ou des leaders en renouvellement dans tous ces mondes ?
  • Et ne pas oublier que la transformation commence en soi au quotidien… A minima un moment de pause chaque jour pour…

 

Et pour finir, simplement MERCI.

 

Dominique Vincent

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